Jusqu'à quand peut-on consommer un aliment ?

Jusqu’à quand peut-on consommer un aliment ?

DLC, DDM, … comment s’y retrouver ? (chapitre 2/2)

Comme pour les cosmétiques (voir DLC, PAO, comment s’y retrouver…? Chapitre 1/2), les aliments sont soumis à des règles d’étiquetage concernant leurs dates limites de consommation/d’utilisation, définies dans le règlement europén 1169/2011. On définit la fameuse DLC, Date Limite de Consommation, et la DDM, Date de Durabilité Minimale, déjà vue dans les cosmétiques, mais qui n’a pas la même définition pour un aliment que pour un cosmétique.

Bien différencier DLC et DDM

La DDM est définie par le règlement 1169/2011 comme “la date jusqu’à laquelle [une] denrée alimentaire conserve ses propriétés spécifiques dans des conditions de conservation appropriées”. La date limite de consommation est la date au-delà de laquelle “une denrée alimentaire est dite dangereuse”.

La dangerosité d’un aliment est définie par un autre règlement européen, le 178/2002, qui définit une denrée alimentaire comme dangereuse si elle est “préjudiciable à la santé” ou “impropre à la consommation humaine” (on passe les détails !). La DDM est indiquée par des termes précis, “à consommer de préférence avant le …”, ou “à consommer de préférence avant fin …”. La DLC est indiquée par la phrase “à consommer jusqu’au….”.

De façon simplifiée, la DDM est une date après laquelle un aliment peut perdre de ses qualités organoleptiques (par exemple, perte d’arôme pour du thé, blanchiment du chocolat,…), sans pour autant devenir nocif, alors que la DLC est destinée à des aliments plus sensibles microbiologiquement (viandes non surgelées,…) et est, de ce fait, généralement beaucoup plus courte qu’une DDM. En anglais, DDM et DLC sont remplacées, respectivement, par “best before”et “use by”, qui expriment mieux la différence entre ces deux notions : littéralement “meilleur avant” (vous pouvez consommer avant, mais il sera peut-être moins bon), et “utiliser avant” (ne pas l’utiliser après la date !)

Ces dates limites ne sont pas valables pour tous les aliments

Certains aliments sont exemptés de DLC/DDM : fruits et légumes frais non épluchés, vins, boissons alcoolisées titrant au moins 10% d’alcool, pâtisseries consommées dans les 24 heures (i.e les pâtisseries “de supermarché” doivent avoir une DLC, pas celles achetées chez le pâtissier !). Le sel, le sucre à l’état solide ( “sucre en morceaux”), les gommes à mâcher sont aussi exemptés : ce sont des produits présentant peu, voire pas, de risque microbiologique, donc l’absence de DLC est bien justifiée.

Tout comme pour les cosmétiques, le règlement européen définissant les DLC et DDM ne définit pas comment les déterminer. Cependant, le règlement 2073/2005 définit les critères de sécurité microbiologiques, qui doivent être respectés pendant tout la durée de vie d’un aliment : le dépassement d’un de ces critères est souvent le facteur limitant une DLC/DDM. Par exemple, les aliments non-destinés aux nourrissons peuvent contenir jusqu’à 100 ufc/g (Unité Formant Colonie par gramme) de Listeria monocytogenes : la DLC sera donc souvent, dans ce cas, la date à laquelle cette valeur est dépassée (arrondie à la semaine, voire au mois, avant par sécurité).

Toujours bien respecter les DLC et faire du cas par cas pour les DDM

En conclusion, il est recommandé de bien respecter les DLC (“à consommer jusqu’au”), car un risque existe réellement après son dépassement (en général, cela se sent, littéralement !), mais un aliment ayant dépassé la DDM (“à consommer de préférence avant”) n’est pas forcément bon à jeter, il peut encore être bon de le goûter avant de le jeter et de le gaspiller (les boîtes de conserves par exemple, ont des DDM, mais, tant qu’elles sont intactes, leur contenu peut théoriquement être consommé après des décennies).

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